Un nouveau conjugué anticorps-médicament métallique délivre du monoxyde de carbone directement aux cellules tumorales

Publication / Recherche
7 novembre 2025
Image1

Des chercheurs de Chimie ParisTech–PSL, en collaboration avec les universités de Cambridge et de Barcelone, ont développé une molécule innovante capable d’acheminer du monoxyde de carbone thérapeutique directement dans les cellules tumorales. Une avancée majeure qui ouvre de nouvelles perspectives dans le traitement du cancer.

Une molécule métallique pour délivrer le CO au cœur des cellules tumorales.  Les chercheurs du groupe du professeur Gilles Gasser à l’Institute of Chemistry for Life and Health Sciences à Chimie ParisTech–PSL, en collaboration avec les groupes du Prof. Gonçalo Bernardes (Université de Cambridge) et du Prof. Vicente Marchán (Université de Barcelone), ont mis au point une nouvelle molécule à base de métal capable d’acheminer des quantités thérapeutiques de monoxyde de carbone (CO) directement à l’intérieur des cellules tumorales. Bien que le CO soit surtout connu comme un gaz toxique, lorsqu’il est administré à petites doses contrôlées, il peut avoir des effets bénéfiques tels que la réduction de l’inflammation, la protection des tissus et le ralentissement de la progression du cancer.

Un système intelligent d’activation par enzyme tumorale. L’équipe de scientifiques a conçu une molécule libérant du monoxyde de carbone (ET-CORM) construite autour d’un noyau de fer biocompatible qui ne présente aucune toxicité pour les cellules. Cette molécule est spécifiquement activée par la cathepsine B, une enzyme abondamment exprimée dans de nombreuses cellules tumorales. En conjuguant l’ET-CORM au trastuzumab, un anticorps cliniquement approuvé qui cible les récepteurs HER2, des biomarqueurs surexprimés dans plusieurs cancers, les chercheurs ont créé un conjugué pour le ciblage (ET-CORM-Ab) capable de libérer du CO uniquement dans les cellules où HER2 et la cathepsine B sont tous deux présents. Lors d’études en laboratoire, ce conjugué a réussi à libérer du CO dans les cellules cancéreuses du sein surexprimant HER2, sans affecter les cellules saines ou à faible teneur en HER2.

Une première mondiale pour les thérapies à base de gaz. Ce travail représente le premier conjugué anticorps-métal qui libère du monoxyde de carbone en réponse à un déclencheur enzymatique spécifique à la tumeur. En combinant la précision des conjugués anticorps-médicaments avec le domaine émergent des thérapies à base de gaz, cette étude ouvre une voie plus sûre et plus sélective pour exploiter le potentiel médical du monoxyde de carbone dans le traitement du cancer et des maladies inflammatoires.

En savoir plus. 
L’étude a été acceptée pour publication dans Angewandte Chemie International Edition et est disponible en ligne à l’adresse https://doi.org/10.1002/anie.202513808.

En savoir plus sur l’Institute of Chemistry for Life and Health Sciences