Journée internationale des femmes et des filles de science de l’UNESCO : de la vision à l’impact, agir pour des écosystèmes scientifiques plus inclusifs

Diversité / Formation ingénieur
11 février 2026
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Ce 11 février, Chimie ParisTech-PSL s’associe à la Journée internationale des femmes et des filles de science, portée par l’UNESCO. Placée cette année sous le thème « De la vision à l’impact : redéfinir les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques en comblant l’écart entre les sexes », cette journée met en lumière des actions concrètes et des bonnes pratiques favorisant des écosystèmes scientifiques plus inclusifs. À cette occasion, l’École donne la parole à élèves-ingénieur(e)s à travers une série de courtes interviews.

L’égalité femmes-hommes, un enjeu majeur pour les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques. Aujourd’hui, les femmes demeurent minoritaires parmi les chercheurs dans le monde, représentant en moyenne moins d’un tiers des effectifs. Cette sous-représentation constitue un enjeu d’équité, mais aussi un facteur déterminant pour la qualité, la pertinence et l’impact de la recherche scientifique. Favoriser l’égalité femmes-hommes est essentiel pour faire progresser des sciences, des technologies et des innovations plus éthiques, inclusives et socialement responsables. Dans ce contexte, Chimie ParisTech-PSL fait figure d’exception dans le paysage des écoles d’ingénieurs françaises : 50 % de ses élèves-ingénieures sont des filles. Cette égalité femmes-hommes fait partie de l’ADN de l’École depuis 1916, lorsque les jeunes filles ont été autorisées à passer le concours d’entrée. Mesdemoiselles Cottereau et Force intègrent alors l’école et en seront diplômées en 1919.

Des actions concrètes pour transformer les écosystèmes des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques. L’édition 2026 de la Journée internationale des femmes et des filles de science fait évoluer la réflexion en mettant l’accent sur des solutions concrètes et des bonnes pratiques déjà mises en œuvre à travers le monde. Politiques institutionnelles, dispositifs de mentorat, évolution des pratiques pédagogiques et organisationnelles : ces leviers contribuent à réduire durablement les inégalités de genre et peuvent être adaptés, reproduits ou déployés à plus grande échelle dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche.

Chimie ParisTech-PSL : voix et parcours de ses talents féminins en sciences et ingénierie.

Trois questions à Romane Sillon, 3A, Élève-ingénieure très impliquée dans les associations et la promotion de l’égalité femmes-hommes. 

Qu’est-ce qui vous a motivée à créer un atelier de vulgarisation des femmes en sciences pour les écoles primaires et collèges ?

« Nous devions, dans le cadre de notre projet transdisciplinaire de première année, créer un projet présentant un bénéfice social ou environnemental. Même si nous étions 7 à venir d’horizons différents, le manque cruel de représentations féminines dans les sciences est un problème contre lequel nous avons tous voulu nous dresser. Il nous fallait, pour parler aux jeunes adolescents, créer une intervention ludique comprenant des activités variées dont une comprenant une expérience. Après quelques mois de travail, le projet était né et j’ai décidé de le reprendre après la soutenance à l’école afin d’en faire bénéficier le plus grand nombre ! »

Votre stage de 5 mois en Allemagne sur la lyophilisation de micelles polymériques vous a permis de travailler dans un environnement international : en quoi cette expérience a-t-elle enrichi votre regard sur la diversité et l’égalité femmes-hommes dans la recherche scientifique et l’innovation ?

« Durant mon stage en Allemagne j’ai été étonnée par la facilité avec laquelle tout le monde faisait fi du genre et de la nationalité des autres pour travailler ensemble. Je n’ai ressenti aucune discrimination quelle qu’elle soit, et je me réjouis de voir que femmes et hommes sont traités à égalité dans ce genre de laboratoires. Néanmoins, la discrimination peut être peu visible et provenir de l’administration ou de supérieurs, ce que je n’aurais pas pu observer à mon échelle. »

Selon vous, quelles actions concrètes pourraient encourager davantage de jeunes filles à s’orienter vers les sciences et l’ingénierie ?

« Je pense qu’il est important, bien que cela puisse sembler superflu, d’une part de dire clairement aux jeunes que les filles et femmes qu’elles ont entièrement leur place dans ces domaines, et d’autre part de présenter des figures féminines de science aux jeunes au même titre que l’on présente des figures masculines. En effet, il est aisément compréhensible qu’une jeune fille se sente illégitime de poursuivre dans cette voie quand la quasi-totalité des « grands noms » connus par tous sont masculins. Je crois aussi qu’il faut limiter la propagation de préjugés et de clichés à travers l’humour, surtout en direction des jeunes filles car cela façonne leur vision de leur place dans le monde et peut les freiner sans même qu’elles ne s’en rendent compte. Enfin, il est important pour moi d’éduquer également les jeunes garçons et les hommes à ce sujet, afin qu’ils ne perpétuent pas (in)volontairement cette tradition du plafond de verre. »

Trois questions à Neïla Diarrassouba, 3A, Élève-ingénieure en double diplôme Chimie ParisTech-PSL /Institut National Polytechnique Félix HOUPHOUËT-BOIGNY de Yamoussoukro (INP-HB), première élève issue de ce parcours. 

Pouvez-vous nous parler de votre expérience en double diplôme et des défis rencontrés en tant que première étudiante de ce programme ?

« Être la première étudiante de ce programme de double diplôme a été une aventure aussi exigeante qu’exaltante. À mon arrivée en deuxième année, le défi était de s’approprier un nouvel environnement, tant sur le plan culturel, social, et surtout académique. Cette période d’adaptation a demandé un peu de temps, mais j’ai eu la chance d’être bien entourée : que ce soit par l’entraide qui s’est rapidement installée entre internationaux, ou par la bienveillance et la disponibilité de mes camarades de classe. Cet accueil chaleureux a été indispensable pour prendre mes marques dans cette nouvelle aventure. Grâce à cet élan collectif et à l’accompagnement précieux des responsables des relations internationales, la troisième année a marqué un tournant. La familiarité avec les lieux, les personnes et les méthodes de travail a laissé place à une réelle confiance en moi. J’ai découvert des enseignants qui, sous une stature parfois intimidante, font preuve d’une grande bienveillance envers les étudiants internationaux. Aujourd’hui, je ne me sens plus seulement comme « la première » du programme, mais comme une étudiante à part entière de Chimie ParisTech-PSL »

Qu’est-ce que Chimie ParisTech-PSL vous apporte pour développer votre projet académique et professionnel ?

« Ce que Chimie ParisTech-PSL m’apporte avant tout, c’est une vision. La richesse de la formation m’a permis de réaliser l’immense spectre d’opportunités qui s’offre à moi en tant que future ingénieure. L’ADN de l’école, qui conjugue théorie et pratique, nous permet de saisir concrètement l’application de chaque enseignement : on n’apprend pas seulement à maîtriser des concepts, on apprend à les transformer en solutions innovantes pour le monde réel. Cet équilibre académique associé à la culture inclusive de l’école, visible au travers de l’engagement de l’association étudiante Cparité, m’a permis de développer une réelle confiance en moi. J’y ai acquis la certitude que mes aptitudes et ma vision en tant que femme ingénieure sont nécessaires et qu’elles ont pleinement leur place dans l’écosystème scientifique et technologique ».

Quels conseils donneriez-vous à d’autres jeunes filles internationales souhaitant se lancer dans les sciences et l’ingénierie ?

« Mon conseil est d’avoir le courage de se lancer et de se démarquer, ce qui passe nécessairement par le travail et la persévérance. Une fois ces premières étapes franchies, il y aura surement des moments de faiblesse ou d’hésitation. C’est précisément là qu’il faut se rappeler que nous sommes uniques. Nous pouvons partager les mêmes aspirations que d’autres, mais personne ne pourra les incarner exactement comme nous le ferions. Chacune de nous possède un potentiel qui, une fois cultivé, se transforme en un talent que personne d’autre ne peut reproduire. Ce sont justement ces talents qui permettent de faire vraiment avancer les choses et d’innover davantage. Hésiter, c’est prendre le risque de priver le monde de capacités qui pourraient être indispensables pour résoudre des problématiques spécifiques. Il faut donc sauter le pas en s’accrochant à sa vision si l’on veut réellement devenir un moteur de changement dans le monde de la science et de l’ingénierie ».

En savoir plus sur la Journée internationale des femmes et des filles de sciences de l’UNESCO, édition 2026

Retrouvez les actions en faveur de la promotion de l’égalité femmes-hommes de Romane Sillon