Jean-François Soulé nommé membre junior de l’Institut Universitaire de France

Distinction / Recherche
9 juin 2026
JFS 0426

L’Institut Universitaire de France a dévoilé la liste de ses nouveaux membres pour la campagne 2026. Jean‑François Soulé, professeur au laboratoire i‑CLeHS, au sein de l’équipe Catalyse, Synthèse de Biomolécules et Développement Durable (CSB2D) de Chimie ParisTech – PSL, rejoint la promotion en tant que membre junior, au titre de la chaire fondamentale. La cérémonie d’installation de cette nouvelle promotion se tiendra le 9 octobre dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne.

Une reconnaissance prestigieuse pour un projet de recherche innovant au cœur de la catalyse organométallique. Cette distinction reconnait la qualité de son parcours scientifique et soutient un projet de recherche consacré au développement de stratégies innovantes en catalyse organométallique pour la fonctionnalisation des liaisons C–H, afin de synthétiser plus efficacement des molécules complexes aux propriétés ciblées, dans une démarche plus durable.

Des avancées fondamentales au service d’une chimie plus durable et sélective. Cette reconnaissance s’inscrit dans une dynamique de recherche ambitieuse. Jean-François Soulé revient sur l’importance de cette nomination et les perspectives ouvertes par son projet.

« Cette nomination représente une reconnaissance du travail mené ces dernières années avec de nombreux étudiants, doctorants, post-doctorants et collègues. Le soutien de l’IUF me permettra de me consacrer davantage à la recherche, d’explorer des idées nouvelles et de mener des projets plus exploratoires. »

Pouvez-vous nous en dire plus sur le projet de recherche pour lequel vous êtes nommé membre junior de l’IUF ?

« En chimie, fabriquer une molécule revient un peu à assembler une architecture très précise, atome par atome. Or les molécules organiques sont parsemées de liaisons carbone–hydrogène (C–H) : on les compte par dizaines, souvent presque identiques, et on les a longtemps tenues pour inertes, donc difficiles à exploiter. Apprendre à agir directement sur ces liaisons, sans longues séquences de préparation, est l’un des grands acquis récents de la chimie de synthèse : on construit des structures complexes plus simplement, et avec moins de gaspillage. Le vrai défi, c’est la sélectivité : comment faire réagir la bonne liaison C–H, et elle seule, parmi toutes ses voisines presque semblables ? Notre projet propose d’y parvenir grâce au phosphore, qui agit comme une sorte de chef d’orchestre : il guide temporairement la réaction vers la liaison visée, puis se retire une fois sa tâche accomplie. Ce contrôle ouvre aussi l’accès à des molécules dites chirales — qui, comme la main droite et la main gauche, existent en deux versions images l’une de l’autre. Cette propriété n’a rien d’anecdotique : dans un médicament, les deux versions peuvent avoir des effets très différents. Il s’agit d’une recherche fondamentale, mais aux retombées concrètes : concevoir plus efficacement les molécules de demain, pour la santé comme pour de nouveaux matériaux. »

L’Institut universitaire de France (IUF) favorise le développement de la recherche de haut niveau dans les établissements publics d’enseignement supérieur relevant du ministère chargé de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace. Chaque année, 200 chaires IUF sont ouvertes au concours (100 juniors et 100 seniors) selon trois catégories : chaire fondamentale, chaire innovation, chaire médiation scientifique. Les membres de l’IUF sont placés en position de délégation durant cinq ans : les lauréats et lauréates bénéficient de crédits de recherche spécifiques, tout en conservant leur mission d’enseignement (avec une décharge des deux tiers du service statutaire d’enseignement.

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