Des scientifiques découvrent une nouvelle méthode pour créer des molécules endommageant l’ADN avec un potentiel anticancéreux
Des chercheurs de la Dublin City University (DCU, Irlande), en collaboration avec des équipes de recherche du Professeur Gilles Gasser de l’Institute of Chemistry for Life and Health Sciences de Chimie ParisTech – PSL /CNRS (France), du Chalmers University of Technology et du Sahlgrenska University Hospital de Göteborg (Suède), ainsi que de l’Université de Limerick (Irlande), ont développé une nouvelle stratégie chimique pour concevoir des composés à base de métaux capables d’endommager l’ADN des cellules cancéreuses, offrant ainsi une nouvelle voie potentielle pour le développement futur de traitements anticancéreux.
Sous la direction du professeur Andrew Kellett, ce consortium européen a créé une série de molécules qui coupent l’ADN par un mécanisme chimique distinct de celui des médicaments de chimiothérapie existants. Les recherches portent sur des composés en phase précoce qui pourraient constituer la base de futures thérapies, en particulier pour les cancers devenant résistants aux traitements. Les scientifiques ont utilisé la chimie click — une méthode rapide et fiable pour assembler des composants moléculaires — afin de créer une famille de composés appelée ligands Tri-Click. Lorsqu’ils sont combinés avec des ions cuivre, ces ligands forment des métallo-nucleases artificiels, des agents contenant des métaux conçus pour cliver l’ADN.
La résistance aux médicaments reste l’un des plus grands défis dans le traitement du cancer. Les tumeurs peuvent s’adapter en réparant certaines formes de dommages à l’ADN ou en bloquant l’action des médicaments conventionnels. Un avantage majeur de cette nouvelle stratégie chimique est que les composés endommagent l’ADN par des voies différentes de celles ciblées par de nombreux traitements anticancéreux actuels. Cela signifie qu’ils pourraient contourner certains des mécanismes typiques utilisés par les cancers pour devenir résistants.
Andrew Kellett, Professeur de chimie inorganique et médicinale à DCU, déclare :
« La chimie click a transformé la manière dont nous construisons des molécules complexes, mais son potentiel comme plateforme pour assembler des chimiothérapies endommageant l’ADN reste peu exploré. L’un des principaux défis du traitement du cancer est la résistance aux médicaments. En développant des composés qui endommagent l’ADN différemment, nous visons à ouvrir de nouvelles possibilités pour surmonter certaines des limites des thérapies existantes. Bien que cette recherche soit encore à un stade précoce, elle fournit une plateforme précieuse pour le développement futur de médicaments. »
Gilles Gasser, Professeur de chimie bioinorganique à Chimie ParisTech-PSL, ajoute :
« Ce travail montre clairement le potentiel des composés à base de métaux pour la recherche anticancéreuse, au-delà des médicaments à base de platine largement utilisés actuellement. Bien qu’encore embryonnaire, cette étude constitue un premier pas vers de nouvelles solutions pour le traitement du cancer. Sur un tout autre plan, ce travail illustre également la puissance de la collaboration entre scientifiques et institutions européennes. »
Les chercheurs soulignent que ces résultats sont précliniques et que des tests supplémentaires sont nécessaires avant toute application clinique potentielle.
Pour en savoir plus : les résultats sont publiés dans la revue Nature Communications
Contacts presse : Le professeur Andrew Kellett et le chercheur principal Alex Gibney (DCU) sont disponibles pour des interviews. Merci de contacter :
En savoir plus l’Institute of Chemistry for Life and Health Sciences (i-CLeHS).