72 femmes scientifiques prochainement mises à l’honneur sur la Tour Eiffel

Evènement
25 février 2026
Capture d’écran 2026-02-25 122109

En 2026, 72 noms de femmes scientifiques seront gravés en lettres d’or sur la Tour Eiffel, aux côtés des figures masculines déjà présentes. Parmi elles, deux figures emblématiques formées à Chimie ParisTech-PSL : Suzanne Veil et Ethel Moustacchi.

« Pour exprimer d’une manière frappante que le monument que j’élève sera placé sous l’invocation de la Science, j’ai décidé d’inscrire en lettres d’or sur la grande frise du premier étage et à la place d’honneur, les noms des plus grands savants qui ont honoré la France depuis 1789 jusqu’à nos jours. » (Gustave Eiffel selon Barral, 1892).

Chimie ParisTech-PSL : pionnière dans la formation des femmes scientifiques. L’École a inscrit la formation des femmes scientifiques au cœur de son histoire. Dès 1916, Mademoiselles Cottereau et Force intègrent l’École et en deviennent diplômées ingénieures en 1919, marquant l’ouverture de Chimie ParisTech-PSL aux étudiantes. Cent ans plus tard, en 2026, les femmes représentent 40 % des élèves-ingénieurs, témoignant de la continuité de cet engagement en faveur de la parité et de la promotion des carrières scientifiques féminines. Suzanne Veil et Ethel Moustacchi incarnent pleinement cet héritage.

          

Crédit Photos : Chimie ParisTech-PSL

Suzanne Veil (1886-1956), Ingénieure chimiste. Docteure en chimie dans l’équipe de Marie Curie, durant la Première Guerre mondiale, Suzanne Veil joue un rôle crucial en fournissant au front des services de radiologie pour localiser les éclats d’obus dans le corps des soldats blessés. Elle forme ainsi les infirmières aux méthodes de radiologie. Chimiste et traductrice, elle a travaillé avec Marie Curie dans son laboratoire, et s’est formée à l’École nationale de Chimie à Paris, aujourd’hui ENSCP. Cheffe de laboratoire à la Faculté des sciences de Paris (1921) puis cheffe de travaux à l’École pratique des hautes études (1930), elle mène des recherches sur la physico-chimie des oxydes métalliques et de leurs mélanges, montrant son intérêt pour la chimie inorganique. En 1923, elle collabore avec Francis W. Aston sur les isotopes. Elle étudie des complexes métalliques incluant nickel, chrome et cobalt, et publie sur les phénomènes périodiques de la chimie dans les années 1930. Elle contribue en 1948 au Manuel de radiologie industrielle, ouvrant la chimie à des applications radiologiques : une carrière qui croise recherche fondamentale et applications industrielles.

Ethel Moustacchi (1933-2016), Biochimiste. Après une enfance au Caire, Ethel Moustacchi étudie la chimie et la biologie à la Faculté des sciences de Paris. Figure emblématique de la recherche en radiobiologie et biologie moléculaire, elle intègre l’École nationale supérieure de chimie de Paris, puis en 1954 l’Institut du radium (futur Institut Curie). Recrutée par le CNRS en 1959, elle soutient sa thèse en 1964 sur « les facteurs de radiorésistance de la levure ». À son retour de post-doctorat à Seattle, elle prend la direction du Laboratoire de radiobiologie sur le campus d’Orsay, une antenne de l’Institut du radium. Elle consacre son travail à l’étude des lésions de l’ADN. En 1985, elle dirige un laboratoire à l’Institut Curie qui s’intéresse aux mécanismes de la mutagenèse et de la réparation de l’ADN en étudiant les maladies induites par les radiations et les chimiothérapies. À partir de 1995, elle devient conseillère scientifique pour la biologie au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives.

Une frise dorée pour marquer la parité. Les 72 noms seront inscrits en lettres d’or au premier étage de la Tour Eiffel, au-dessus de la frise existante qui honore depuis 1889 les 72 hommes scientifiques choisis par Gustave Eiffel. La nouvelle frise féminine reprendra les codes esthétiques existants pour établir une parité symbolique parfaite. La liste définitive sera validée par les trois Académies compétentes (Sciences, Médecine et Technologies).

Sources. L’ensemble des informations, textes et éléments biographiques présentés sont issus de la brochure « 72 femmes de science pour la tour Eiffel », sous la direction d’Isabelle Vauglin avec l’association Femmes & Sciences, consacrée aux femmes scientifiques proposées pour figurer sur la tour Eiffel.

En savoir plus sur les 72 femmes de sciences pour la Tour Eiffel